
Informations sommaires sur le
trouble
de stress post-traumatique

Historique du Trouble de Stress
Post-Traumatique
Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est la dénomination récente
d'un ensemble de symptômes observés et étudiés depuis le début du siècle sous
différents vocables. En effet, Oppenheim, en 1889, crée le terme
"névrose traumatique" afin de désigner la symptomatologie démontrée
par des accidentés de chemin de fer. À la même époque, Charcot remarque
des symptômes similaires chez ses patientes de la Salpetrière et se consacre,
ainsi que Freud et Janet, à l'étude de cette "névrose hystérique".
L'étude de l'hystérie et de sa genèse par Freud et Charcot avait entamée le
questionnement sur le rôle des traumatismes dans la genèse des troubles
mentaux. Par la suite, c'est surtout par le biais des études de
psychiatrie militaire lors des première et deuxième guerres mondiales, que
l'étude des névroses traumatiques s'est maintenue. C'est ensuite par le
biais des études de psychiatrie militaire concernant le "choc des
tranchées" ("shell shock"), la "névrose de guerre" et
la "traumatophobie" lors des première et deuxième guerres mondiales,
que l'étude des névroses traumatiques s'est poursuivie.
Les séquelles psychologiques graves démontrées dans les années 1970 par les
vétérans de la guerre du Vietnam ont provoqué un regain d'intérêt pour la
pathologie traumatique. En 1974, Burgess et Holmstrom publient un article
sur le "rape trauma syndrome" identifiant les séquelles
psychologiques et somatiques d'un autre traumatisme jusqu'alors peu
évalué: l'agression sexuelle.
L'influence de plusieurs groupes de pression pacifistes et féministes
américains décidés à faire reconnaître l'impact négatif d'expériences traumatisantes,
contribua par la suite à encourager et financer la recherche dans le domaine,
ce qui aboutit à une description précise du TSPT et son intégration nosologique
au sein du DSM en 1980 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental
Disorder-3ème édition, American Psychiatric Association) et du CIM en 1992
(Classification Internationale des Maladies-10ème édition; Organisation
Mondiale de la Santé).
Qu'est-ce que le Trouble de Stress
Post-Traumatique?
Critères diagnostiques du TSPT:
Le TSPT découle selon le DSM-IV (American Psychiatric Association, 1994) de
l'exposition à un événement traumatique qui provoque chez l'individu de la
peur, de la détresse ou de l'horreur. Ce trouble se manifeste par une
réexpérience persistante de l'événement traumatique, des comportements
d'évitement des stimuli associés au traumatisme, un émoussement de la
réactivité générale et un état d'hyperactivité neurovégétative.
A) La personne a été exposée à un événement traumatique au cours duquel les
deux critères suivants étaient présents:
1. la personne a été exposée, témoin ou confrontée à un ou des événements
qui ont impliqués la mort ou menace de mort, ou de blessures graves ou une
menace à son intégrité physique ou à celle d'autrui;
2. la réaction de la personne impliquait une peur intense, de la détresse
ou de l'horreur.
B) L'événement traumatique est revécu de façon persistante, d'une ou
plusieurs des façons suivantes:
1. souvenirs répétitifs et envahissants de l'événement incluant des images,
pensées, perceptions;
2. rêves répétitifs et pénibles de l'événement;
3. impression ou agissement soudain comme si l'événement traumatique se
reproduisait;
4. intense détresse psychologique lors de l'exposition à des stimuli
internes ou externes ressemblant à un aspect du traumatisme ou symbolisant
celui-ci;
5. réactivité physiologique lors de l'exposition à des stimuli internes ou
externes ressemblant à un aspect du traumatisme ou le symbolisant.
C) Évitement persistant des stimuli associés au traumatisme et émoussement
de la réactivité générale (non présent avant le trauma) qui s'expriment par
trois ou plus des symptômes suivants:
1. efforts pour éviter les pensées, sentiments ou conversations associés au
traumatisme;
2. efforts pour éviter les activités, endroits ou gens qui éveillent des
souvenirs du traumatisme;
3. incapacité de se rappeler d'un aspect important du traumatisme;
4. réduction nette de l'intérêt ou de la participation pour des activités
de valeur significative;
5. sentiment de détachement ou de devenir étranger par rapport aux autres;
6. restriction des affects (ex.: Incapacité de ressentir des sentiments
amoureux);
7. sentiment que l'avenir est 'bouché', que sa vie ne pourra plus se
dérouler normalement.
D) La personne présente deux ou plusieurs symptômes persistants traduisant
une hyperactivité neurovégétative (ne préexistant pas au traumatisme):
1. difficultés à s'endormir ou sommeil interrompu;
2. irritabilité ou accès de colère;
3. difficultés de concentration;
4. hypervigilance;
5. réaction de sursaut exagérée.
E) Les symptômes B, C et D sont présents durant au moins 1 mois.
F) Le problème entraîne une détresse cliniquement significative ou un
dysfonctionnement au niveau social, professionnel ou dans un autre domaine de
fonctionnement important.

Mis à jour Juin 2003
Association / Troubles Anxieux du
Québec, C.P. 49018, Montréal (Québec) H1N 3T6
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